Situé à Rhisnes, près de Namur, le domaine de La Falize s’étend sur 270 hectares. Son propriétaire, Frédéric de Mévius, descendant d’une famille à l’origine du géant brassicole AB InBev, a voulu redonner vie à ce lieu historique tout en le projetant dans l’avenir.
La vigne n’y occupe en réalité qu’une partie réduite de l’ensemble – à peine quelques hectares plantés en chardonnay et en savagnin. Mais quelle vitrine ! Ces cuvées, travaillées avec exigence et précision, ont valu au domaine d’être propulsé sur le devant de la scène internationale : en mai dernier, un vin belge, le Savagnin 2022 de La Falize, figurait pour la première fois en couverture de La Revue du Vin de France.
Chardonnay & Savagnin, l’identité de La Falize
- Chardonnay 2022 : mûr, riche et équilibré, avec des notes de pomme, de fruits exotiques et une touche de vanille. Une bouche ample et soyeuse, portée par une belle tension acide.
- Savagnin 2022 : plus incisif, structuré et complexe. Fruits frais, notes florales et rondeur boisée. Un vin de caractère qui révèle tout le potentiel du cépage sur ces terres namuroises.
Ces vins sont rares, recherchés, et incarnent l’ambition du domaine : faire bien, quoi qu’il en coûte.
Plus qu’un vignoble : une philosophie
Ce qui m’a marqué à La Falize, ce n’est pas seulement la qualité des vins. C’est l’envie claire de se donner les moyens de faire les choses correctement, que ce soit à travers la viticulture, la gestion durable des terres, ou encore des projets surprenants comme… la production de sauce soja !
Cela peut sembler anecdotique, mais cela illustre bien la philosophie de La Falize : diversifier, innover, tout en respectant l’héritage.
400 ans d’histoire, et encore l’avenir devant soi
En septembre 2025, le domaine a célébré les 400 ans du château avec faste : grands Bordeaux en double magnum, champagne à flots, spectacle de lumières… Une véritable mise en valeur du lieu et de son patrimoine.
Préserver et faire vivre un château quatre fois centenaire n’est pas anodin. Cela demande vision, énergie et engagement. La vigne n’est qu’un morceau de cette mosaïque, mais elle donne au domaine un éclat particulier, une vitrine symbolique.
Mon regard personnel
Pour moi, La Falize fait désormais partie intégrante de l’héritage viticole et culturel belge. Pas uniquement par ses vins – aussi remarquables soient-ils – mais par la démarche globale : préserver, transmettre, valoriser et innover.
Je ne serai peut-être pas là pour les 500 ans du domaine, mais j’espère bien lever un verre à son 450e anniversaire. Le rendez-vous est pris.
Colin Lurot
Sommelier







La Falize, 400 ans d’histoire et un regard tourné vers l’avenir