Une visite inattendue… mais marquante
Je ne vais pas vous mentir : je n'avais pas prévu de visiter le caveau de la Maison Guigal ce jour-là.
Sortie au péage de Vienne, détour par Ampuis… et je tombe nez à nez avec le caveau du château. Ouvert. Accueillant. Bâtisse rénovée avec goût. Allez, j’entre.
Je savais évidemment qui était Guigal. Impossible d’aimer la vallée du Rhône sans croiser un jour ce nom.
Mais je ne m’attendais pas à vivre une dégustation aussi généreuse, et une expérience aussi complète.
Une belle scénographie au service du vin
Le lieu a été totalement repensé en 2020, et ça se voit.
Le caveau se divise en trois parties :
- un espace de dégustation et vente, lumineux et professionnel ;
- un étage pour les séminaires et réceptions ;
- et un musée du vin en sous-sol, bien fichu, retraçant l’histoire du vin de l’Antiquité à nos jours.
Le tout est fluide, cohérent, bien pensé.
Pas tape-à-l'œil, mais très maîtrisé — comme leurs vins d’ailleurs.
Une dégustation à la carte, et un verre inespéré
Sans rendez-vous, en plein été, je m’attendais à un accueil rapide.
Mais non : on m’a proposé une dégustation personnalisée, à un prix franchement raisonnable.
👉 J’ai pu goûter 5 ou 6 vins différents, blancs et rouges, pour bien comprendre l’univers Guigal.
Avant la fameuse question :
Est-ce qu’on peut goûter La Landonne ?
En temps normal, non.
Mais ce jour-là, un fond restait d’une dégustation privée, et on m’en a servi un verre.
La Landonne 2018 : la précision au sommet
Comment dire… c’est dense, racé, tendu, d’une droiture parfaite.
Un vin techniquement irréprochable, qui montre toute la noblesse de la Syrah sur ce terroir légendaire.
Derrière ses 300 à 600 € la bouteille (selon le millésime), il y a du fond, de la maîtrise, et un vrai travail de précision.
Mais soyons honnêtes :
Ce n’est pas un vin qui bouleverse. C’est un vin qui impressionne.
C’est un vin que je serais ravi de boire dans un grand restaurant, mais qui ne me donne pas ce frisson brut que certains vignerons, plus confidentiels, peuvent offrir.
Guigal : grandeur et paradoxe
C’est là que réside tout le paradoxe de la maison Guigal :
- D’un côté, des cuvées mythiques, comme la Landonne, la Turque ou la Mouline.
- De l’autre, des volumes colossaux, comme leur Côte-du-Rhône générique qu’on trouve dans n’importe quel supermarché.
⚖️ Entre artisanat d’exception et viticulture industrielle.
Et pourtant, tout est tenu avec sérieux :
👉 Les revenus des cuvées grand public permettent de financer des lieux comme ce caveau, des musées, du personnel, de l'œnotourisme…
👉 Et même sur les grosses productions, la qualité reste cohérente.
C’est cette maîtrise globale que je respecte profondément.
Et Vital-Fleury dans tout ça ?
On oublie souvent que Guigal, ce n’est pas qu’un nom.
C’est un groupe.
👉 Ils ont repris Vital-Fleury, dont j’ai goûté de très belles choses également.
👉 Ils sont aussi présents à Tavel, à Condrieu, à Châteauneuf-du-Pape (Château de Nalys), etc.
Un vrai empire du vin, piloté avec précision.
Ce qui, évidemment, peut rendre le tout parfois un peu impersonnel. Mais jamais bâclé.
Ce que je retiens, personnellement
➡️ Un grand respect pour la maison.
➡️ Une dégustation généreuse, humaine et accessible.
➡️ Une Landonne 2018 magistrale — mais pas bouleversante.
Est-ce que je suis partisan de cette maison ? Non, pas totalement.
Mais est-ce que je la recommande à quelqu’un qui passe dans la région ?
👉 Oui, sans hésiter.
Infos pratiques
📍 Le Caveau du Château - Guigal
🕙 Ouvert du lundi au samedi, de 10h30 à 12h30 et de 14h à 19h (et le dimanche matin d’avril à septembre)
💰 Dégustation personnalisée possible à petit prix
🍷 Essayez de demander la Landonne... on ne sait jamais 😉
https://www.lecaveauduchateau.com/le-caveau-du-chateau/
Colin Lurot
Sommelier











Maison Guigal : visite au caveau de Côte-Rôtie et dégustation d’une icône, La Landonne